L'affaire des "lasagnes au boeuf-cheval" a eu le mérite de mettre en lumière les aberrations scandaleuses du système mis en place par les professionnels de l'industrie agro-alimentaire. Tout d'abord la "qualité" des produits: on apprend que les plats cuisinés contiennent non de la viande mais du "minerai" de viande c'est-à-dire l'ensemble des bas morceaux, tissus graisseux, peau, nerfs autrefois considérés comme des chutes d'abattoir et aujourd'hui hachés et incorporés à la viande "dans le respect des proportions anatomiques" (ouf, nous voilà rassurés...). Au-delà de ces détails appétissants, le circuit commercial des produits alimentaires a de quoi surprendre et démontre à quel point ils sont devenus une marchandise comme les autres, soumise à toutes les manipulations financières de spéculateurs cyniques et incontrôlés. Et pour compliquer encore plus la situation du consommateur soucieux de la qualité de son alimentation, on nous ressort les farines animales ...          ce qui va peut-être nous donner des résultats surprenants...

poisson-porc

chevalouette

 

Trêve de plaisanterie, il est grand temps de mettre fin à ces scandales, de reprendre le contrôle de la politique de l'alimentation abandonnée aux mains des spéculateurs de l'agroalimentaire et de la grande distribution. Il est indispensable de bannir les intermédiaires inutiles et les financiers des circuits agricoles en privilégiant les circuits courts et, surtout, en imposant une véritable traçabilité des produits. Depuis 2010, il est "possible" de faire figurer l'origine du produit sur les emballages. Les députés du Front de Gauche ont déposé une proposition de loi visant à imposer la mention d'origine des aliments ce qui serait "un véritable levier pour l'agriculture de proximité" (André Chassaigne, l'Humanité 22-24 février). Ils demandent également que des moyens conséquents soient apportés aux contrôles, notamment aux services vétérinaires qui ont perdu 600 postes d'inspecteurs depuis 2007 et aux services de la répression des fraudes. Il s'agit également de protéger les circuits agricoles de la spéculation dans le cadre du projet de loi de séparation et régulation des activités bancaires (amendement 112 déposé par les députés FDG). De plus en plus de personnes sont attentives à la provenance de ce qu'elles achètent. Sur ce terrain aussi les citoyens doivent se faire entendre!

Mireille Ausécache