contrordre

Personne ne songe à soutenir le sanguinaire dictateur de Syrie mais qui peut s'arroger le droit de le "punir", si ce n'est son propre peuple??? Ce terme stupéfiant est cependant employé par des dirigeants occidentaux à contre-courant de l'opinion publique de leur pays, échaudée par des aventures guerrières qui n'ont fait qu'aggraver les tensions et élargir les zones de conflit. Plus personne ne croit en une intervention "limitée", aux "frappes chirurgicales" qui ne touchent que la cible prévue... Et surtout, il est évident qu'ajouter la guerre à la guerre est la pire des solutions pour les populations auxquelles on prétend venir en aide et pour engager un processus de sortie de crise. La spirale meurtrière ne peut que retarder d'autant une issue politique, seule façon de déboucher sur une transition démocratique en Syrie. L'urgence est bien plutôt de faire baisser le niveau des combats et si la France a un rôle à jouer dans la recherche de solutions ce n'est certainement pas celui de supplétif de l'armée américaine. Notre pays doit contribuer activement à donner une chance à la paix en mettant tout son poids diplomatique dans la balance, en prenant toute sa part dans les indispensables pressions diplomatiques internationales qui doivent se mettre à l'oeuvre dans le cadre de l'ONU. Prendre de telles initiatives en vue d'une Conférence Internationale de Paix en Syrie irait dans le bon sens.

Mireille Ausécache