Le 26 juillet 2007, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, prononçait à Dakar un discours pour le moins "étonnant". Il y disait entre autres:

"Le drame de l'Afrique, c'est que l'Homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire.Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l'Homme échappe à l'angoisse de l'Histoire qui tenaille l'Homme moderne mais l'Homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble écrit d'avance. Jamais l'Homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. Le problème de l'Afrique-et permettez à un ami de l'Afrique de le dire- il est là".

En 2007 ce discours était déjà apparu comme une "insulte à l'Afrique". Avec le recul et les hommages rendus, du monde entier, à la grande figure de Nelson Mandela, il semble en plus grotesque. Que retiendra l'Histoire? Les élucubrations du couple Guaino-Sarkozy ou la dimension politique et humaine d'un homme qui a su, en luttant toute sa vie, changer le destin de son pays et à ce titre s'affirmer comme l'un des grands personnages du XXe siècle, un homme d'Etat dont beaucoup pourraient s'inspirer?

Mireille Ausécache

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