L'épisode calamiteux de la visite de F. Hollande à Carmaux a montré l'étendue du désastre en cours. La veille de cette visite, l'Union départementale CGT du Tarn avait organisé un hommage populaire annoncé par ce tract:

"François Hollande sera au pied de la statue de Jaurès à Carmaux, demain vers 14h30. Il vient rendre hommage à celui qui défendait les ouvriers, tels les verriers chassés par leur patron et les pouvoirs publics. En tant que socialiste il est normal qu'il se reconnaisse dans les idées de justice sociale et de paix défendues par Jean Jaurès, cependant sa politique, depuis son élection, est en totale contadiction avec celles-ci. Ne galvaudons pas le socialisme jaurésien, ce n'est pas le social libéralisme du parti actuellement au pouvoir! Nous n'allons pas nous laisser "voler" la pensée de Jaurès par ceux qui, aujourd'hui la trahissent! La CGT, les partis politiques, associations et syndicats, progressistes appellent à un grand rassemblement place Jean Jaurès à Carmaux ce mardi 22 avril à 18h00. Nous rendrons hommage à celui qui a toujours défendu la classe ouvrière avant que son image ne soit récupérée par les "touristes" du lendemain".

Nous savons maintenant que la visite de F. Hollande a été marquée par des incidents, dus notamment à un dispositif de sécurité empêchant l'accès de la place à la population. Mais, surtout, les quelques échanges qui ont eu lieu entre le président et des citoyens ont montré clairement la déception pour certains et la colère pour d'autres, de ces électeurs qui avaient acclamé le candidat socialiste deux ans auparavant et le fossé qui se creuse chaque jour un peu plus entre le pouvoir et le peuple.

Hollande à Carmaux

Hollande à Carmaux2

 

 

 

 

 

 

Devant cette situation qui mène tout droit à la catastrophe, P. Laurent déclare: "On ne peut pas sauver Hollande, mais il faut sauver la gauche". Pour cela, il appelle au rassemblement le plus large pour "reconstruire la gauche" sur d'autres choix que l'accélération des politiques d'austérité libérale décidée par un gouvernement qui "mène la France dans le mur". Soulignant que "le malaise dans la majorité présidentielle est manifestement profond", il déclare, en s'adressant notamment aux parlementaires socialistes: "Vous ne sauverez pas F. Hollande et M. Valls tant qu'ils s'accrocheront à cette politique. Ce sont eux qui nourrissent la crise politique, pas ceux qui s'opposent à ces choix qui mènent dans le mur. La question n'est donc pas de sauver F. Hollande, elle est de sauver la gauche avant que la droite et l'extrême-droite raflent tout, et de reconstruire une politique qui permette à la France de combattre le chômage [...] travaillons ensemble à des solutions de gauche à la crise sociale, économique et politique, et nous ne pouvons le faire qu'en tournant le dos aux choix actuels. La responsabilité des communistes et du Front de Gauche dans cette situation est de créer toutes les conditions de ce dialogue et de la construction de cette politique alternative".

J'ajouterai, pour ma part, que la construction d'une politique alternative n'est pas réservée aux seuls parlementaires. Les citoyens dans leurs associations, leur syndicat, leur parti sont en mesure de se faire entendre des élus auxquels ils ont délégué leur pouvoir. Aux actes citoyens!

Mireille Ausécache