étrangers en EuropeOui la honte est grande de voir ce que notre pays, celui de la pensée des Lumières, des Droits de l'Homme, est devenu. Le message adressé à l'Europe et au reste du monde est malheureusement clair et lourd de conséquences dans nos relations aux autres... Mais aussi et surtout colère! Colère contre les politiques qui sourds aux différents avertissements persistent et signent dans leur désastreuse politique d'austérité (l'intervention de F. Hollande au lendemain du 25 mai en est une dramatique illustration). Colère contre les électeurs qui se réfugient dans le discours simpliste du FN et voient dans le rejet de l'autre (le travailleur bien sûr, pas Goldman Sachs ou les émirs et princes du Moyen Orient qui font main basse sur notre patrimoine) la solution à tous les maux du pays. Colère contre les médias qui ont fait une promotion frénétique du FN; si certains d'entre eux se posent timidement des questions sur leur responsabilité, d'autres persistent tel D. Pujadas qui ne voit en Grèce que la percée de l'extrême-droite et "oublie" de noter le score remarquable de Syriza... ou bien tous ces commentateurs qui ne voient plus en Europe que des partis "populistes" ou "souverainistes" et refusent de les qualifier d'extrême-droite! Mais colère aussi contre nous qui n'avons pas su expliquer et convaincre. Bien sûr, on ne nous tend pas souvent le micro, on ne nous voit pas constamment à l'écran et il ne faut pas s'attendre à de grands changements dans ce domaine non plus. Il nous faut donc réussir à rassembler, à fédérer tous ceux qui pensent que la solution est à gauche, notamment les socialistes qui se disent proches de nos idées (certains depuis 2012) mais ne critiquent pas ouvertement la politique gouvernementale. Dialoguons également avec ceux qui mènent des actions isolées telle cette manifestation à Château-Thierry le 19 mai contre le Traité transatlantique, initiative qui aurait pu être, au moins, évoquée la veille lors du débat sur l'Europe de la Fête des Libertés... Tant que, par méconnaissance ou sectarisme, nous mènerons des combats isolés et aurons une trop faible visibilité  nous laisserons la place à l'extrême-droite.

Mireille Ausécache