Les médias nous présentent le "conflit"? au sein du FN comme un combat quasi psychanalytique entre un père dominateur et une fille qui rêve d'émancipation, vision étayée par les micro-trottoirs dont certains participants compatissent aux difficultés pour la fille de gérer les dérapages du père "elle qui n'est pas comme ça". La dédiabolisation du FN, bien aidée par les journalistes, a si bien marché que l'on en oublie,  dans certains milieux complaisants, les "fondamentaux" du FN. Marine Le Pen nous le rappelle de façon éclatante et, pour le coup plutôt calamiteuse par rapport à sa stratégie de respectabilité. Ce n'est pas la faute morale du discours antisémite qu'elle réprouve mais la "faute politique" qui consiste à tenir ce discours dans le contexte d'une recherche d'alliances au sein du Parlement européen. Père et fille forment bien un sinistre duo qui se partage les tâches et les discours: vieux de la vieille pour l'un, nouveau look "bleu-marine" pour l'autre. Cela marche bien car d'habitude ils se montrent plus habiles en communication. De fait, Mme Le Pen a raté une occsion de faire vraiment la différence, du moins en apparence avec le discours nauséabond du père. C'est oublier son éducation, ses convictions profondes, ses amitiés sulfureuses en France et à l'étranger. Le vernis craque, tel père, telle fille. L'univers médiatique semble d'ailleurs étrangement muet maintenant (merci le foot!), géné sans doute d'avoir à reconnaître une telle parenté inébranlable d'idées au sein du parti d'extrême-droite alors que certains ont tout fait pour le présenter comme un parti honorable..

Mireille Ausécache                                                                                                                             

jean-marineLe Pen père et fille