A la douleur d'avoir perdu de vieux copains de pensée, des compagnons de route tels que Cabu et Wolinski qui ont tellement compté pour ma génération, s'ajoute maintenant l'amertume et le dégoût provoqués par l'instrumentalisation dont ils sont l'objet. L'assassinat de ces libertaires laïques est aujourd'hui utilisé pour justifier la promotion d'un projet sécuritaire du type Patriot Act, pour appeler à une Union Sacrée derrière des qui se rêvent en Clémenceau, pour une promotion bondieusarde de toutes les religions... Les cloches de Notre-Dame sonnant pour eux les auraient sans doute fait bien rire, il n'est pas certain, en revanche, qu'ils auraient apprécié les Marseillaises et drapeaux tricolores... Et que dire des applaudissements aux cars de police (la mémoire est bien courte qui enterre Rémi Fraisse une deuxième fois) et aux chefs d'Etat et de gouvernements dont beaucoup ne brillent pas par leurs sens de la démocratie, dont certains ont une lourde part de responsabilité dans le développement du terrorisme. Et que dire de notre Président qui prouve son attachement à la liberté d'expression en refusant l'asile à Edward Snowden? Selon F. Hollande, qui espère ainsi remonter dans les sondages, Paris était hier le centre du monde... de quel monde s'agit-il?

Mireille Ausécache

Charlie 1