Chaque jour apporte son lot d'actes ou propos ignobles d'individus qui se croient maintenant tout permis. Afficher son mépris ou sa haine de l'autre est devenu un jeu, une gloriole pour certains qui se sentent confortés par le climat délétère entretenu par des médias complaisants. Madame Taubira est, une fois de plus, l'objet d'attaques venues cette fois non pas de manifestants d'extrême-droite mais d'un député UMP qui la traite de "tract ambulant pour le FN", quelle élégance! Dans un autre style, toujours aussi gracieux, un pâtissier du midi commercialise des gâteaux obscènes et injurieux qui relèvent d'un racisme colonial que l'on pensait d'un autre âge depuis l'abandon du "y a bon Banania".

pâtisseries ignobles

Tout dans ces caricatures est obscène et répugnant et en dit long sur la mentalité du pâtissier mais aussi de ses clients. Tous les vieux fantasmes coloniaux y sont: regards ahuris, bouches et organes sexuels surdimensionnés... "C'est un peu la vision de Tintin au Congo, l'obscénité en plus" a indiqué le président du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), Louis-Georges Tin.

Le pâtissier ne comprend pas les réactions indignées que suscite la présence de ces horreurs dans la vitrine de sa boutique (située près d'une école). Il ne comprend pas ce qu'on lui reproche lui qui est simplement dans l'air du temps, marqué par la montée du racisme et de la xénophobie, en phase avec nombre de candidats officiels aux prochaines élections comme le montre cet extrait d'un florilège de propos distillés sur les réseaux sociaux par des candidats FN:

FN propos odieux

C'est à un  "concours Lépine de l'abomination" (Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF) que l'on assiste de la part des candidats frontistes sur les réseaux sociaux, condensé de propos "délictueux, racistes, xénophobes, haineux". Dans certains cas, il y a passage à l'acte: dans le Puy-de Dôme, P. Bardin a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 2 ans de mise à l'épreuve avec obligations de soins. Que lui reproche-t-on à ce brave Français, Oh, presque rien: en mars 2014 il a simplement tenté d'écraser un piéton tout en le couvrant d'insultes racistes. Il a déclaré pour sa défense: "J'ai voulu donner une leçon de morale à un bon petit Français, un Guadeloupéen, qui traversait en dehors du passage piéton".  Ce monsieur se présente aux prochaines élections départementales sous l'étiquette de ce parti qui prétend à l'honorabilité et qui n'est pas trop regardant, quoi qu'il en dise, sur le choix de ses candidats. Ce qui ne l'empêche pas de bénéficier d'une promotion éhontée sur tous les médias.

Il est plus que jamais nécessaire de rappeler ces propos de J. Jaurès datés de 1892 : "Je n'aime pas les querelles de race, et je me tiens à l'idéal de la Révolution française, c'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race, l'humanité" (La Dépêche, 2 juin 1892).

Mireille Ausécache