Petit jeu d'abord.  Qui a dit: "La démocratie compte toujours une forme d'incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort"? Eh bien oui, c'est le ministre de l'économie et des finances de la République française qui tient ce genre de propos pour le moins "surprenants"... (Le 1Hebdo, 8 juillet 2015).

Macron-il-manque-un-roi-a-la-France On comprend bien dès lors son admiration pour celui qui commence à incarner la tendance bonapartiste de l'autoritarisme à la française :

Valls Macron assemblée

L'usage à répétition du 49-3 montre à l'évidence le peu de cas que ces piliers d'un gouvernement prétendument de "gôche" fait des représentants du peuple que sont les parlementaires.

Avec de tels dirigeants, peut-on s'étonner que la devise "Liberté-Egalité-Fraternité" ne soit plus qu'un décor au fronton de ce qui nous reste de bâtiments publics? Quelle liberté avec une loi de surveillance généralisée? Quelle égalité dans une France à plusieurs vitesses dont beaucoup se sentent les parents pauvres? Tous ces ruraux notamment qui vivent les déserts médicaux, culturels, l'abandon des services publics, l'asphyxie de la baisse des dotations de l'Etat:

sainte catherine1 Commune de Sainte-Catherine (69)

Et que reste-t-il de la fraternité après les discours sur les Roms qui auraient "vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie" (M. Valls, alors ministre de l'Intérieur),  les brutalités et le traitement inhumain réservé aux sans- papiers, l'indifférence totale à l'égard du drame des migrants en Méditerranée?

Est-ce que la République se résume maintenant au défilé du 14 juillet?

Mireille Ausécache