ondiale

L'Histoire est parfois bien malmenée et l'enseignante que je suis a en ce moment quelques motifs supplémentaires d'indignation. Je suis d'abord choquée de la façon dont certains "commémorent" le souvenir des poilus: une tranchée d'opérette où l'on s'amuse à jouer au soldat bien propret en buvant du chocolat (L'Union, 30/10/25), une activité ludique proposée aux enfants "Fabrique ton masque à gaz"..., pourquoi pas un karaoké avec la Madelon ou la chanson de Craonne au gré de l'humeur des participants!? Pour avoir pendant plus de 25 ans essayé (comme tous mes collègues) de sensibiliser les jeunes aux horreurs de la guerre et notamment aux souffrances endurées par les poilus, j'ai le sentiment d'un terrible échec.

Oto Dix, Der Krieg (1929-1932), Dresde

 Otto Dix, La guerre (1929-1932)

Autre sujet d'écoeurement, la pleine page consacrée dans l'Union du dimanche 1er novembre à la rubrique "Histoire"(!) aux propos de Thierry Wolton qui s'est rendu célèbre par ses attaques contre Jean Moulin en 1993. A cette époque Pierre Vidal-Naquet a parlé à son propos de "falsification" et de "révisionnisme mou" destiné à réhabiliter le régime de Vichy. Antoine Prost parle d'un ouvrage "prétendument historique", François Bédarida (Institut d'Histoire du Temps Présent) critique le manque de rigueur et les contre-vérités de l'ouvrage, d'autres historiens de la Seconde Guerre Mondiale dénoncent "les fausses preuves" de l'auteur (cf. Wikipedia). Si l'objectivité historique est un leurre, en revanche une vision idéologique haineuse et obsessionnelle est un frein à la réflexion et à l'analyse. Ainsi, parlant des communistes français d'aujourd'hui, il n'hésite pas à déclarer  :"ces gens-là sont les héritiers d'un discours qui vient de la lutte contre le capitalisme meurtrier des années 1830-1870, avec son exploitation inhumaine des ouvriers, ses exodes ruraux etc", passage qui se passe de commentaires sur la qualité et la profondeur de la formation "historique" de ce monsieur.

Mireille Ausécache