Les médias toujours prompts à considérer qu'en cas de grève les citoyens sont les "otages" des grévistes n'hésitent pas à faire des habitants de la région Nord-Pas de Calais-Picardie les prisonniers d'un sinistre jeu politico-médiatique dans lequel tout est joué et où seul compte le sensationnel, bien loin des véritables enjeux et intérêts de la région. Ainsi, il ne serait même pas utile d'aller voter puisque ces beaux esprits ont déjà tout anticipé.. Rappelons tout de même à ces grands pronostiqueurs leur erreur monumentale sur le résultat du référendum en 2005 et, plus près de nous, la victoire annoncée du FN dans le département de l'Aisne qu'il devait remporter haut la main! Le FN est le chouchou des médias qui lui servent régulièrement la soupe y compris sur le service public, comme cet épisode lamentable de l'émission annulée, énorme coup de pub pour MLP qui a d'ailleurs déclaré: "Si j'avais été obligée de payer, je n'aurais jamais obtenu une publicité aussi efficace" (Le Figaro, 22/10/2015).

FN et médias

Notre région, avec ses 6 millions d'habitants, avec sa jeunesse, avec tout son potentiel est clairement sacrifiée sur l'autel de l'ambition politique nationale de certains, prêts à se servir de nous comme d'un marche-pied (ou d'un paillasson) pour franchir d'autres étapes autrement importantes pour eux. Qui peut réellement croire qu'une Le Pen s'intéresse au sort de notre région, elle qui a clairement déclaré qu'elle conserverait en cas de victoire son mandat de députée européenne et que son objectif principal est bien sûr 2017... Sans même parler du "programme" de l'extrême-droite qui commence à produire ses effets  dans les villes aux mains des élus FN ou apparentés. Quant à Xavier Bertrand, qui a déjà durablement "fait ses preuves" notamment en tant que ministre du travail, il ne cache pas non plus ses ambitions profondes en matière de carrière.

Autre constat, la faible implication (c'est un euphémisme) du gouvernement pour sauver le soldat Saintignon qui est clairement envoyé au casse-pipe. Pas la moindre annonce du changement de politique qui seul pourrait redonner espoir à tous les électeurs écoeurés des mensonges et renoncements du pouvoir en place. Au contraire, on aggrave de jour en jour la pression sur les travailleurs, les contribuables, on s'attaque frontalement aux acquis sociaux, on bafoue la démocratie à coups de 49.3 et d'"accords" dictés par le patronat et signés par des syndicats minoritaires. Un doute surgit alors: notre région ne serait-elle pas la victime nécessaire susceptible de créer l'électro-choc indispensable pour 2017? Serions-nous considérés comme une marchandise électorale, des citoyens de seconde zone dont la vie, les besoins, les intérêts comptent pour rien?

Nous ne pouvons accepter d'être traités ainsi!

Mireille Ausécache

Lille4