Il y a quelques jours, réagissant au drame survenu dans le Lot, F. Hollande a déclaré "aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d'urgence". Est-ce un engagement ou un effet d'annonce? Le candidat socialiste ne s'est jamais engagé sur l'abrogation des lois de droite qui ont programmé la destruction des services publics de santé.

Or nous savons tous que la politique menée par les Agences Régionales de Santé répondent à des directives fondées sur des critères comptables incompatibles avec l'intérêt des populations et notamment celles des zones rurales. Que vaut donc cette déclaration du président de la République, alors que de nombreux services de l'hôpital de Château-Thierry, dont les services d'urgence, sont toujours menacés, que la manifestation du 5 octobre nous a donné l'occasion de passer devant un bâtiment hospitalier tout neuf -mais vide!- à Laon...?

illustrationhôpital

 

Vendredi dernier, dans la manifestation pilotée par la mairie de Château-Thierry (l'appel à manifester reçu le 25/10 était accompagné du blason de la ville "Nul ne s'y frotte"), on a entendu qu'il fallait "sauver l'hôpital de Château-Thierry" ce qui, bien sûr, fait l'unanimité! Mais la question est-elle de défendre un territoire, de mettre en cause la politique de l'ARS d'Amiens en dehors de toute autre réflexion? Cela rappelle le combat de certains qui se satisfaisaient de ce que les fermetures de classes prévues par le Rectorat se fassent ailleurs que dans leur commune... Nous savons tous que l'ARS n'est que la courroie de transmission du Ministère de la Santé qui, lui-même, applique des décisions gouvernementales qui se démarquent bien peu (c'est un euphémisme...) de celles de la droite en matière de santé. Ce qui se passe à Château-Thierry n'est que le reflet local d'une situation très préoccupante sur l'ensemble du territoire et aucune solution ou "aménagement" ne pourra se faire tant que la loi HPST sera en place, aucun écran de fumée ou rodomontade ne pourra le faire oublier: le pouvoir socialiste doit abroger la loi Bachelot, revoir le rôle et la composition des ARS,  établir un moratoire sur les décisions déjà prises, organiser un vaste débat démocratique sur les réformes nécessaires pour une véritable politique de santé publique.


Mireille Ausécache