Je tiens à corriger une erreur d'appréciation qui figure dans le message précédent: Madame Coralie Deshayes, Conseillère Régionale, était bien présente à la cérémonie du 8 mai dernier, je ne l'ai pas vue et m'en excuse auprès d'elle. Cependant, dans le commentaire qu'elle a posté sur le blog, elle avance des arguments qui sont bien loin de me convaincre. Le Conseil Régional, qui ne peut honorer chaque évènement par un dépôt de gerbe, a choisi de privilégier le 11 novembre. Sans nier l'importance du sacrifice des soldats de 1914-1918 et l'immense respect qui leur est dû, il me semble que dans la période troublée que nous vivons, où tant de relents nauséabonds de la barbarie nazie nous assaillent, il est très important de rappeler tout ce que nous devons à ceux qui se sont sacrifiés pour notre liberté.

Mais ce qui me surpend le plus dans les explications données c'est: "M. Padieu, Conseiller régional du Front National dépose, quant à lui, en son nom propre, une gerbe à chaque cérémonie. Ce dépôt de gerbe est personnel et il ne représente en aucun cas l'institution régionale". Et là, j'avoue que je ne comprends plus très bien de quoi il s'agit... Ou bien ce monsieur est un citoyen lambda et cela signifie que tout le monde peut, à titre personnel, venir déposer une gerbe lors d'une cérémonie officielle... ou bien cela lui est permis justement parce qu'il est un élu représentatif, qu'on le veuille ou non, de l'institution dans laquelle il siège et qui n'est alors représentée, dans ce geste, que par lui. On offre ainsi un boulevard au FN dont on connait pourtant bien les sympathies idéologiques: rappelons les sorties lamentables du fondateur du FN sur la Seconde Guerre et notamment le "détail" des chambres à gaz; n'oublions pas non plus Marine Le Pen ouvrant le bal des néo-Nazis autrichiens le 27 janvier 2012, jour anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. Quant aux manifestations des groupes d'extrême droite, elles sont souvent émaillées de références et de saluts nazis, de menaces racistes, xénophobes, sexistes ("les Femen au bûcher" entendu le 12 mai à Paris).

Je me demande ce que ceux que nous avons honorés le 8 mai penseraient de tout cela.

Mireille Ausécache